13, 30, 66, 84 18/11/2022
Partage

Cerise de bouche et d'industrie

Un nouveau plan opérationnel sur la table

À Med'Agri, en octobre dernier, les filières cerise de bouche et d'industrie ont annoncé le lancement du plan intitulé 'Cerise 2022-2024', destiné à soutenir la production autour de cinq enjeux vitaux pour les filières.

S'il existe des spécificités pour les filières de bouche et d'industrie, elles font front commun sur certaines problématiques, comme la lutte contre D. suzukii.

© Crédit photo : CZ

Ces derniers mois, les filières cerise de bouche et d'industrie se sont mobilisées pour montrer aux producteurs que des alternatives existaient dans la lutte contre Drosophila suzukii. Des visites d'exploitations ayant investi dans des filets anti-insectes et restructuré leurs vergers ont été faites au cours de l'hiver dernier, et lors de la dernière édition du salon des agricultures méditerranéennes, Med'Agri, une conférence s'est tenue pour détailler la dynamique collective "remise en place et destinée aux producteurs de cerises, autour de cinq enjeux vitaux pour la filière", détaillait Emmanuelle Filleron, de la Chambre d'agriculture de Vaucluse : Drosophila suzukii, le changement climatique, le maintien du potentiel de production qui s'érode, les exigences commerciales "qui, malgré le contexte, sont toujours plus draconiennes, sans oublier l'augmentation des charges qui touche la filière et tous les pans économiques".

Cette dynamique collective a la singularité de regrouper tous les producteurs de cerises, de bouche et d'industrie via l'AOPn 'Cerise de France' et l'Anibi, car si certaines problématiques sont spécifiques, elles se retrouvent sur ces enjeux majeurs pour la pérennité des arboriculteurs et de leurs exploitations.

Une nouvelle dynamique collective lancée

"Il existe des spécificités pour chaque filière de bouche et d'industrie, mais aussi beaucoup de points communs", relance Emmanuelle Filleron. Les partenaires ont donc déposé en mai dernier un projet Feader auprès de la Région Sud - intitulé 'Cerise 2022-2024' - et, sans attendre l'aval de soutien de la collectivité - qui devrait être accordé - ont lancé des travaux déclinés en trois objectifs : sécuriser la production de cerises, renforcer la performance des vergers et exploitations, et lutter contre suzukii.

"Depuis l'arrivée de suzukii, on s'interroge sur la lutte contre ce ravageur, qui supplante tout, et le maintien du verger. Nous avions déposé en 2019 un appel à projets sur la restructuration de la filière, accordé par FranceAgriMer, qui nous a permis d'avancer sur la certification Haute valeur environnementale et les soutiens pour s'équiper de filets, sachant que chaque région a sa propre politique d'accompagnement concernant le soutien aux couvertures", rappelait la directrice de l'AOPn 'Cerise de France, Alexandra Lacoste, le 18 octobre dernier.

Si, dans l'ensemble, toute la filière espère énormément de la recherche et mobilise beaucoup d'énergie sur ces questions d'insecte stérile, de parasitoïdes et autres alternatives de lutte contre les mouches, la question essentielle reste triviale : comment fait-on en attendant que ces recherches aboutissent, et comment conserver des productions françaises rémunératrices pour attendre la mise en place de ces solutions ?

Du côté de l'Anibi - "maison où producteurs et confiseurs se parlent", précisait Éric Ginoux, président de l'interprofession - l'inquiétude est grande car, dans ces vergers spécifiques, les volumes d'arbres sont importants, la récolte est mécanique, et les filets sont difficilement installables. "Nous sommes obligés de compter sur des solutions phytosanitaires pour maintenir la production, qui représente 800 hectares de vergers et trois coopératives" : Coopfruit Luberon dans le Vaucluse, Conserve Gard, dans le Gard, et la Sica des Vergers du Caroux, dans l'Hérault. Or, les solutions phyto se résument aujourd'hui à l'Exirel, pour qui une dérogation est demandée chaque année. "On ne peut pas rester sur ce schéma longtemps, et l'on constate déjà des arrêts de plantation. Alors oui, mettre des filets en attendant est une solution, mais les producteurs n'ont pas les moyens de les financer, sauf à restructurer entièrement le verger. Or, si on rabat les arbres pour installer des filets, on redonne de la vigueur, ce qui augmente le calibre. Ce qui va à l'encontre de notre cahier des charges qui oblige à proposer des bigarreaux de moins de 24 millimètres. Sans compter l'abaissement du potentiel de récolte. Or, nos prix sont contractualisés. Il faudrait donc passer par des vergers que l'on n'a pas encore inventés !", résume sobrement le président de l'Anibi.

Le bigarreau lance des pistes expérimentales

Pour autant, le bigarreau d'industrie n'est pas resté les bras croisés. La filière a notamment lancé un essai de restructuration de vergers, avec un palissage pour former des arbres à plat pouvant par la suite accueillir des filets. "Mais c'est encore au stade très expérimental", souligne Éric Ginoux. Selon lui, la filière doit viser un nouveau modèle de verger industriel faisable économiquement pour obtenir un produit (rendement, calibre) entrant dans les exigences des cahiers des charges des confiseurs. "La solution est de rester sur une protection droso et grêle minimaliste," pointe le producteur.

Autre essai lancé, l'efficacité d'un "complexe végétal à base d'hydrolat d'huile essentielle à pulvériser, avec un objectif neurotoxique sur drosophila", détaille Nathalie Nevoltris, directrice de Coopfruit Luberon. Deux essais - conduits sur fonds propres - ont été lancés en 2022, dans le Gard et le Vaucluse. Enfin, contre drosophila toujours, la coopérative a lancé cette année un essai sur trois parcelles d'un hectare, en partenariat avec la société Cearitis. Malgré des résultats en demi-teinte cette année pour ces deux essais, ils vont être reconduits en 2023.

Diagnostics et numéro vert en 2023

Du côté de la cerise de bouche aussi, les dernières semaines ont été actives et plusieurs actions ont été lancées dans le cadre du projet 'Cerise 2022-2024' visant à établir un état des lieux des besoins, définir une feuille de route opérationnelle pour accompagner les arboriculteurs dans l'évolution des techniques de production - accompagnement technique dans la mise en place de systèmes de protection filets, antigel et dans la maîtrise de l'irrigation -, en lien avec les Chambres et les Ceta et le GRCeta de Basse Durance. Et un volet expérimental a également été acté, en complément de tout ce qui peut déjà être mené par La Tapy, l'Inrae ou encore le CTIFL (voir encadré).

Pour accompagner les cerisiculteurs, un numéro vert va également être mis en place, "afin de recueillir les besoins en termes d'équipements, tels que filets, calibreuses, hydrocooling etc. Ces informations doivent aider aux montages des dossiers, souvent complexes et qui peuvent rebuter, sachant que le dépôt devra désormais se faire en ligne sur la nouvelle programmation Pac-Feader. Cette décision a été prise, car nous avons constaté que, malgré les aides pour ce type d'investissements, elles étaient finalement peu utilisées dans le dispositif du PCAE. En raison justement de la complexité du dossier à monter," annonce Emmanuelle Filleron. Dans le détail, les filets anti-droso et le matériel nécessaire à leur installation sont toujours aidés. Mais des nouveautés sont à noter sur les montants d'aide :

le taux d'aide de base passe de 20 à 40 % ;

il est désormais possible de cumuler deux bonifications de 10 % parmi 'Jeunes agriculteurs', 'Zone de montagne' et 'Agriculteur bio' ;

le montant d'aide subventionnable a été augmenté : il est désormais possible d'être soutenu pour deux projets d'un montant maximum de 80 000 € chacun pendant la période 2023-2027.

Si les principes généraux de l'aide ne changent pas, à noter toutefois qu'une priorisation des dossiers et une variation du taux seront appliquées selon différents critères.

Céline Zambujo •

Sur le même thême

Var 28/09/2021

Une récolte compliquée pour...

Entamée le 1er septembre, la récolte de la violette AOP Solliès devrait se poursuivre jusque mi-novembre. Déjà, le Syndicat de défense de l’appellation table sur...
Bouches-du-Rhône, Vaucluse 05/08/2022

Sénat

Tomates et pommes au menu d...

Pour évaluer l'avenir de la compétitivité du pays en matière d'export de la production agricole, le Sénat planche sur un rapport et étudie cinq productions : le b...
Bouches-du-Rhône 14/10/2022

gautier semences

Continuer à produire de bon...

Spécialisée dans la création et la production de graines potagères, l'entreprise familiale Gautier Semences - basée à Eyragues - célèbre 70 ans d'innovation et de...

ICI
Votre encart
publicitaire !

Tél. : 04 67 07 03 73

Annonces légales

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.

Grâce à notre réseau de journaux partenaires.

Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

Derniers tweets

23/09/2022
📫Votre @EPVarois arrive! A la une : échanges autour des filets anti-insectes contre la mouche de l'olive avec le groupe #DEPHY en oléiculture du Var 🫒 ; l'hyperoxygénation des rosés à l'essai au Centre du Rosé ; vin d'ici, à la découverte du "Pur Castets"🍷de La Grand' Vigne https://t.co/qaIhjDDTAb
https://t.co/qaIhjDDTAb
06/10/2022
Dans votre nouveau numéro @AgriProv 🗞au programme notre numéro spécial #Medagri 🚜 le projet de loi sur les #énergiesrenouvelables🌞, la 7e édition de la soirée de l’élevage 🐃🐑à Arles et un retour sur la rentrée scolaire 🎒pour les lycées agricoles...Bonne lecture à tous ! https://t.co/zU1hyXg40x
https://t.co/zU1hyXg40x
06/10/2022
🍷 Présentation de la gamme ‘Patience’, du syndicat #AOP #Picpoul de Pinet, issue de cuvées haut de gamme dédiées aux cavistes & aux restaurants de #Montpellier. Sélections parcellaires, élevage d’au moins 6 mois, sans notes de bois. Accord mets et vins au #Folia @ChatFlaugergues https://t.co/NAol7n6pyW
https://t.co/NAol7n6pyW

Abonnez-vous à nos hebdos

Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...

Découvrez toutes nos formules

Dernières actualités

Newsletters

Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !

S'abonner

Gardons le contact

Twitter : suivez toute l'actualité agricole utile du moment, réagissez
Facebook : partagez encore plus de posts sur l'actualité agricole de votre territoire
Instagram : suivez nos bons plans et partagez nos galeries de photos
Likedin : élargissez votre réseau professionnel
Youtube : vidéos, interviews, DIY...